Depuis le IIIe millénaire av. J.-C. · République Centrafricaine
Histoire
et patrimoine
Découvrir la frise Un peuplement
façonné par les migrations
L’essentiel des populations actuelles de Centrafrique s’est installé sur ce territoire à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque des peuples de langue soudanaise se sont réfugiés dans les forêts pour fuir les guerriers peuls et les marchands d’esclaves. Bien avant cette période, dès le IIIe millénaire avant notre ère, les populations de langues adamaoua-oubanguiennes s’étaient déjà largement implantées sur le territoire, développant une double maîtrise agricole en zone de forêt sèche comme humide. Dans la région de Bouar se développe, jusqu’au Ier siècle de notre ère, une remarquable civilisation mégalithique dont les pierres levées comptent aujourd’hui parmi les plus précieux témoignages du patrimoine centrafricain.
Dès le IIIe millénaire av. J.-C., les populations adamaoua-oubanguiennes s’implantent sur le territoire. Dans la région de Bouar se développe une civilisation mégalithique dont les pierres levées, vieilles de plus de 6 000 ans, figurent sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Du XVIIIe au XIXe siècle, le territoire voit se succéder royaumes sahéliens et sultanats zandé, avant l’essor du puissant sultanat esclavagiste de Dar el-Kouti, qui domine le nord-est du pays jusqu’en 1911.
À partir de 1885, l’Oubangui-Chari est cartographié par les explorateurs européens. Le territoire devient colonie française en 1905, puis intègre l’Afrique-Équatoriale française en 1910, une période marquée par le système des concessions et la révolte du Kongo-Wara.
Proclamée en 1958 puis indépendante le 13 août 1960, la jeune république traverse plusieurs décennies de régimes autoritaires : le coup d’État de la Saint-Sylvestre, l’Empire centrafricain de Bokassa, puis le régime militaire du général Kolingba.
Depuis les années 1990, le pays connaît un cycle d’instabilité politique et de conflits armés, mais aussi des efforts continus de réconciliation, jusqu’aux récents accords de paix et à la nouvelle Constitution de 2023.
Une histoire
de plusieurs millénaires
Installation progressive des populations de langues adamaoua-oubanguiennes sur le territoire, en parallèle de l’expansion bantoue vers le sud et l’est du continent.
La civilisation mégalithique de la région de Bouar s’éteint avec l’essor de la métallurgie du fer, qui se répand d’ouest en est.
La population du territoire atteindrait environ six millions d’habitants, vivant en grande partie à l’écart des grandes routes commerciales africaines.
Un puissant sultanat esclavagiste s’impose dans le nord du pays, marqué par les raids de Mohamed es-Senoussi depuis son palais fortifié de Ndélé.
L’explorateur britannique Georges Grenfell atteint le site qui deviendra la future capitale, tandis que des explorateurs belges découvrent le cours du fleuve Oubangui.
Un poste colonial est établi sur la rive droite de l’Oubangui ; il deviendra la capitale du pays en 1960.
Le territoire devient officiellement une colonie française.
La moitié du territoire est répartie en concessions commerciales confiées à des exploitants privés.
Soulèvement des populations contre le travail forcé imposé dans les concessions coloniales.
Barthélémy Boganda transforme en 1958 le territoire colonial en République centrafricaine au sein de la Communauté française.
Le pays accède à l’indépendance ; David Dacko en devient le premier président.
Jean-Bedel Bokassa renverse David Dacko et prend le pouvoir.
Bokassa se proclame empereur sous le nom de Bokassa Ier.
La France renverse Bokassa et restaure la République sous David Dacko.
André Kolingba prend le pouvoir et instaure un régime militaire.
Ange-Félix Patassé est élu président à l’issue des premières élections pluralistes.
Le général Bozizé renverse Ange-Félix Patassé à la tête d’une rébellion.
Le pays s’enfonce dans un premier cycle de rébellion armée.
La coalition rebelle Séléka renverse le président Bozizé ; Michel Djotodia s’autoproclame président.
La France déploie l’opération Sangaris pour rétablir la sécurité, appuyée par la mission internationale MISCA.
Catherine Samba-Panza est élue cheffe de l’État de transition.
Il devient président de la République et lance un processus de réconciliation nationale.
Un nouvel accord de paix est signé avec les principaux groupes armés du pays.
Une nouvelle constitution entre en vigueur.
Un nouvel accord de paix est signé avec plusieurs groupes armés de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), sous la médiation du Tchad.
Des mégalithes de Bouar aux accords de paix les plus récents, l’histoire centrafricaine est celle d’un peuple résilient, enraciné dans un patrimoine millénaire.